Lot 125

Chine, période Qianlong (1736-1795)

Shi Liu Da A Luo Han - « Seize Grands Arhat »

Rare et exceptionnel coffret en bois de zitan, composé d’un fond avec quatre montants sur lequel s’emboîte un couvercle. Entièrement couvrant, celui-ci est décoré de motifs incrustés en nacre, lapis-lazuli, turquoise, ivoire, agate, ambre, perles fines, écailles de tortue, corail, laque de cinabre et tourmaline. Sur la face supérieure, six caractères chinois incrustés en nacre dans un cartouche, Shi Liu Da A Luo Han, signifiant « Seize grands Arhat », sont entourés des huit objets précieux du bouddhisme à savoir : la bannière de la victoire, le poisson, le vase, la fleur de lotus, la roue, le parasol, la conque et le nœud sans fin. Les faces latérales sont ornées d’objets mobiliers dont ruyi, brûle-parfum, livres, rouleau, vase, éventail et lotus, ainsi que d’objets du rituel bouddhiste à savoir les vajra, l’hirondelle, la bannière à main où il est inscrit « Amitayus », la pagode, l'épée de possession et le khakkhara.
La partie intérieure basse du coffret est revêtue d’une étoffe de soie jaune.
Ce coffret, dont le fond est légèrement rétréci pour pouvoir s’insérer dans un socle, devait à l’origine reposer sur une base lotiforme, semblable à celles de certains coffrets impériaux.

Ce coffret contient dix-huit plaques en laque or et aventurine, seize figurant les Luohan, précédées d’une plaque reprenant le titre du couvercle, Shi Liu Da A Luo Han, en laque rouge, encadré par deux dragons à cinq griffes poursuivant la perle sacrée. Au revers, est représenté sur fond aventurine, Skanda (Wei Tuo), protecteur du bouddha et gardien du monastère bouddhiste. La dernière plaque de la série représente le Boudha Shakyamuni, fondateur du bouddhisme, assis en méditation sur un lotus. Le revers est doré et exempt de toute représentation.

Les seize panneaux autres figurent les Arhat (Luohan en chinois), accompagnés d’une calligraphie au revers. Les Arhat sont les suivants :
1. Pindola-bharadvaja
2. Kanaka-vatsa
3. Kanaka-bharadvaja
4. Suvinda
5. Nakula
6. Bhadra
7. Karika
8. Kasyapa
9. Svaka
10. Panthaka
11. Rahula
12. Nagasena
13. Ingata
14. Vanavasin
15. Ajita
16. Pindola-Bharadvaja
Tantôt rêveurs, tantôt souriants, chaque Arhat est figuré avec douceur et élégance, exprimant la sérénité. Ils sont chacun accompagnés d’une inscription permettant leur identification. Le talent des artistes à l’origine de ses laques s’exprime à travers la finesse des détails des vêtements pris dans le vent ou dans un mouvement, les expressions des visages, et la délicate sculpture en léger relief de la laque.

Les calligraphies au dos des plaques forment le poème « Eloge de la peinture des Seize luohan de Guan Xiu (832-912) » (Guan Xiu Shi Liu Luohan zan ci) du poète Su Shi (1037-1101), qui a été divisé en seize paragraphes répartis sur l’ensemble des seize panneaux.
Etat :
(Accidents au bois, manques des incrustations, fines gerces et déformations sur les panneaux)
Dimension du coffret : 23 x 16,3 x 16 cm
Dimension d’un panneau : 20,8 x 13,7 x 0,7 cm

Au sujet de l’iconographie :
Les Arhat (en sanskrit) ou Luohan (en chinois) sont considérés comme les disciples du Bouddha ayant atteint l’Eveil à la suite de l’enseignement du Bouddha. Ils sont généralement représentés en série de 6, 8, 16, 18, voire 100 ou 500 selon les différentes traditions du Bouddhisme.
Les premières représentations connues des Arhats remontent à la fin de l’époque des Dynasties du Nord et du Sud entre 465 et 471 après J.-C. Puis sous la dynastie des Wei du Nord, deux représentations nous sont parvenues dans le temple Qian Xi.
Le thème des seize Arhat est devenu courant durant la période Tang (618-907). C’était le sujet de prédilection de l’un des grands poètes et peintres de cette période, Wang Wei (692-761). Par la suite, le moine Guan Xiu (832-912) s’intéressa aux représentations des disciples du Bouddha, nous laissant une grande fresque dans un temple près du Lac de l’Ouest à Hangzhou. C’est dans ce temple que le poète Su Shi trouva l’inspiration pour son « Eloge de la peinture des Seize Luohan de Guan Xiu » présent au revers de nos panneaux en laque.
En 1757, l’empereur Qianlong s’est rendu à Hangzhou afin d’y admirer à son tour ces fresques. A la suite de cette visite, il aurait composé un poème en hommage à ces œuvres. Le sujet des seize Arhat devient dès lors un thème très apprécié de l’empereur. Il aurait ensuite introduit le luohan Kasyapa (présent sur l’un des panneaux) dans l’iconographie classique sur les conseils de son maître bouddhiste.

Au sujet des laques :
Dans l’empire chinois, deux grandes périodes sont réputées pour la qualité de leurs laques : la période des Royaumes Combattants (475-221 av. J.-C.) et la période s’étendant sur les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912). La laque est une matière exigeante et fragile qui demande beaucoup de maîtrise afin de pouvoir la travailler et rendre les effets de matières et de relief. Les techniques de laque utilisant l’or étaient les plus difficiles à maîtriser. Ces laques étaient si précieuses qu’elles étaient réservées à la famille impériale.
Les panneaux sont ici représentatifs de la virtuosité des artisans de l’époque Qing, mêlant une laque aventurine sur le fond, à la technique de laque Shiwen pour la représentation des luohan. La technique consistait à ajouter des couches de laques sur un support déjà laqué, qui étaient ensuite sculpté pour donner un effet de léger relief.
Cette technique peut s’apparenter aux celles des laques au Japon. Dans des archives du XVIe siècle, il est mentionné que les laques japonais étaient déjà couramment appréciés par les lettrés chinois. La dynastie Ming a beaucoup influencé les goûts de la dynastie Qing. Si bien que l’empereur Yongzheng (1722-1735) était connu pour être un grand amateur de laques japonais. Il demandait ainsi à ses artisans d’utiliser les mêmes techniques ou de s’en approcher pour fabriquer des objets similaires à ceux produits au Japon. Son successeur, l’empereur Qianlong (1735-1796) fit de même.
Deux objets, conservés au Musée de la Cité Interdite à Pékin, dans la collection royale des Qing, illustrent ce goût pour les laques dans le style japonais : un écran laqué représentant l’empereur Minghuang essayant un cheval ; et un cabinet de voyage à motifs de paysage utilisant la technique Shiwen.

Le mélange des techniques d’incrustations du coffret, la préciosité des matériaux employés, ainsi que l’extrême délicatesse et finesse des panneaux en laque, rendent cet ensemble tout à fait exceptionnel.

Estimate : 30 000 € - 50 000 €

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Chine, période Qianlong (1736-1795)

Shi Liu Da A Luo Han - « Seize Grands Arhat »

Rare et exceptionnel coffret en bois de zitan, composé d’un fond avec quatre montants sur lequel s’emboîte un couvercle. Entièrement couvrant, celui-ci est décoré de motifs incrustés en nacre, lapis-lazuli, turquoise, ivoire, agate, ambre, perles fines, écailles de tortue, corail, laque de cinabre et tourmaline. Sur la face supérieure, six caractères chinois incrustés en nacre dans un cartouche, Shi Liu Da A Luo Han, signifiant « Seize grands Arhat », sont entourés des huit objets précieux du bouddhisme à savoir : la bannière de la victoire, le poisson, le vase, la fleur de lotus, la roue, le parasol, la conque et le nœud sans fin. Les faces latérales sont ornées d’objets mobiliers dont ruyi, brûle-parfum, livres, rouleau, vase, éventail et lotus, ainsi que d’objets du rituel bouddhiste à savoir les vajra, l’hirondelle, la bannière à main où il est inscrit « Amitayus », la pagode, l'épée de possession et le khakkhara.
La partie intérieure basse du coffret est revêtue d’une étoffe de soie jaune.
Ce coffret, dont le fond est légèrement rétréci pour pouvoir s’insérer dans un socle, devait à l’origine reposer sur une base lotiforme, semblable à celles de certains coffrets impériaux.

Ce coffret contient dix-huit plaques en laque or et aventurine, seize figurant les Luohan, précédées d’une plaque reprenant le titre du couvercle, Shi Liu Da A Luo Han, en laque rouge, encadré par deux dragons à cinq griffes poursuivant la perle sacrée. Au revers, est représenté sur fond aventurine, Skanda (Wei Tuo), protecteur du bouddha et gardien du monastère bouddhiste. La dernière plaque de la série représente le Boudha Shakyamuni, fondateur du bouddhisme, assis en méditation sur un lotus. Le revers est doré et exempt de toute représentation.

Les seize panneaux autres figurent les Arhat (Luohan en chinois), accompagnés d’une calligraphie au revers. Les Arhat sont les suivants :
1. Pindola-bharadvaja
2. Kanaka-vatsa
3. Kanaka-bharadvaja
4. Suvinda
5. Nakula
6. Bhadra
7. Karika
8. Kasyapa
9. Svaka
10. Panthaka
11. Rahula
12. Nagasena
13. Ingata
14. Vanavasin
15. Ajita
16. Pindola-Bharadvaja
Tantôt rêveurs, tantôt souriants, chaque Arhat est figuré avec douceur et élégance, exprimant la sérénité. Ils sont chacun accompagnés d’une inscription permettant leur identification. Le talent des artistes à l’origine de ses laques s’exprime à travers la finesse des détails des vêtements pris dans le vent ou dans un mouvement, les expressions des visages, et la délicate sculpture en léger relief de la laque.

Les calligraphies au dos des plaques forment le poème « Eloge de la peinture des Seize luohan de Guan Xiu (832-912) » (Guan Xiu Shi Liu Luohan zan ci) du poète Su Shi (1037-1101), qui a été divisé en seize paragraphes répartis sur l’ensemble des seize panneaux.
Etat :
(Accidents au bois, manques des incrustations, fines gerces et déformations sur les panneaux)
Dimension du coffret : 23 x 16,3 x 16 cm
Dimension d’un panneau : 20,8 x 13,7 x 0,7 cm

Au sujet de l’iconographie :
Les Arhat (en sanskrit) ou Luohan (en chinois) sont considérés comme les disciples du Bouddha ayant atteint l’Eveil à la suite de l’enseignement du Bouddha. Ils sont généralement représentés en série de 6, 8, 16, 18, voire 100 ou 500 selon les différentes traditions du Bouddhisme.
Les premières représentations connues des Arhats remontent à la fin de l’époque des Dynasties du Nord et du Sud entre 465 et 471 après J.-C. Puis sous la dynastie des Wei du Nord, deux représentations nous sont parvenues dans le temple Qian Xi.
Le thème des seize Arhat est devenu courant durant la période Tang (618-907). C’était le sujet de prédilection de l’un des grands poètes et peintres de cette période, Wang Wei (692-761). Par la suite, le moine Guan Xiu (832-912) s’intéressa aux représentations des disciples du Bouddha, nous laissant une grande fresque dans un temple près du Lac de l’Ouest à Hangzhou. C’est dans ce temple que le poète Su Shi trouva l’inspiration pour son « Eloge de la peinture des Seize Luohan de Guan Xiu » présent au revers de nos panneaux en laque.
En 1757, l’empereur Qianlong s’est rendu à Hangzhou afin d’y admirer à son tour ces fresques. A la suite de cette visite, il aurait composé un poème en hommage à ces œuvres. Le sujet des seize Arhat devient dès lors un thème très apprécié de l’empereur. Il aurait ensuite introduit le luohan Kasyapa (présent sur l’un des panneaux) dans l’iconographie classique sur les conseils de son maître bouddhiste.

Au sujet des laques :
Dans l’empire chinois, deux grandes périodes sont réputées pour la qualité de leurs laques : la période des Royaumes Combattants (475-221 av. J.-C.) et la période s’étendant sur les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912). La laque est une matière exigeante et fragile qui demande beaucoup de maîtrise afin de pouvoir la travailler et rendre les effets de matières et de relief. Les techniques de laque utilisant l’or étaient les plus difficiles à maîtriser. Ces laques étaient si précieuses qu’elles étaient réservées à la famille impériale.
Les panneaux sont ici représentatifs de la virtuosité des artisans de l’époque Qing, mêlant une laque aventurine sur le fond, à la technique de laque Shiwen pour la représentation des luohan. La technique consistait à ajouter des couches de laques sur un support déjà laqué, qui étaient ensuite sculpté pour donner un effet de léger relief.
Cette technique peut s’apparenter aux celles des laques au Japon. Dans des archives du XVIe siècle, il est mentionné que les laques japonais étaient déjà couramment appréciés par les lettrés chinois. La dynastie Ming a beaucoup influencé les goûts de la dynastie Qing. Si bien que l’empereur Yongzheng (1722-1735) était connu pour être un grand amateur de laques japonais. Il demandait ainsi à ses artisans d’utiliser les mêmes techniques ou de s’en approcher pour fabriquer des objets similaires à ceux produits au Japon. Son successeur, l’empereur Qianlong (1735-1796) fit de même.
Deux objets, conservés au Musée de la Cité Interdite à Pékin, dans la collection royale des Qing, illustrent ce goût pour les laques dans le style japonais : un écran laqué représentant l’empereur Minghuang essayant un cheval ; et un cabinet de voyage à motifs de paysage utilisant la technique Shiwen.

Le mélange des techniques d’incrustations du coffret, la préciosité des matériaux employés, ainsi que l’extrême délicatesse et finesse des panneaux en laque, rendent cet ensemble tout à fait exceptionnel.

Estimate : 30 000 € - 50 000 €


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